Un livre incroyable, sensible sur la fond comme sur la forme. J’ai profondément aimé ce livre.

« … et puis elle se tourne vers moi et me dit : « c’est étrange, il y a des mots qui sont aussi beaux dans les deux langues… écoute comme il est beau en russe le mot « gniev », et comme en français « courroux » est beau… c’est difficile de dire lequel a le plus de force, plus de noblesse… »

C’est un récit autobiographique où l’auteur évoque son enfance. L’écriture est menée à travers deux voix narratives : Nathalie enfant et Nathalie adulte. L’écriture est sensible, témoigne d’une enfance complexe entre un père, une mère et des beaux-parents dont la belle-mère, Véra, est omniprésente. On perçoit déjà la formation de l’écrivain par le goût des livres de l’école, des rédactions où l’enfant sait mentir pour dire le vrai. C’est ici un véritable art poétique. L’écriture est belle : elle mêle légèreté et force. Le dialogue entre l’auteur et son double met en avant la difficulté d’écrire sur soi : comment faire la part des choses entre souvenirs et projections ?